Lorsque les PDG s’énervent contre leurs cadres intermédiaires
Les cadres intermédiaires sont sous pression. Ils se trouvent en quelque sorte pris entre deux feux : d’un côté, les objectifs stratégiques fixés par la haute direction et, de l’autre, les défis concrets auxquels sont confrontés les collaborateurs au niveau opérationnel…
Les cadres intermédiaires sont sous pression. Ils se trouvent en quelque sorte pris entre deux feux : d’un côté, les objectifs stratégiques fixés par la haute direction ; de l’autre, les défis concrets auxquels sont confrontés les collaborateurs sur le terrain. Ce grand écart est particulièrement perceptible en période de processus de changement, de redressement, d’initiatives de gestion du changement, de transformation d’entreprise et, surtout, lors d’opérations de fusion-acquisition. «En haut», tout le monde veut tout changer en permanence ; «en bas», règnent l’apathie et la rotation du personnel.
Le contexte général s’est également durci. Autrefois, les cadres intermédiaires pouvaient se consoler avec des privilèges tels que des voitures de fonction, des miles bonus ou des cantines exclusives. Or, ces symboles de statut social ont aujourd’hui souvent disparu. La frustration est compréhensible, mais cette attitude ne doit pas conduire les cadres intermédiaires à cultiver leur résistance, que ce soit de manière active ou passive.
Pourquoi les PDG perdent-ils patience ?
Mais les cadres intermédiaires ne sont pas les seuls à se sentir épuisés : les PDG sont eux aussi de plus en plus agacés. Leur frustration porte souvent sur le manque d’initiative et de détermination au sein de l’encadrement intermédiaire. De nombreux dirigeants de haut niveau rapportent avoir l’impression de se battre contre des moulins à vent. Il manque souvent un engagement émotionnel et une adhésion claire au changement. L’attitude consistant à dire « Ça a toujours été comme ça » est un véritable poison pour tout processus de changement.
Elon Musk offre un exemple marquant d’action cohérente. Après le rachat de Twitter en 2022, il a lancé un ultimatum à ses collaborateurs : ceux qui n’étaient pas prêts à s’intégrer dans une culture « extrêmement hardcore » pouvaient quitter l’entreprise avec une indemnité de départ généreuse. L’approche de Musk peut sembler radicale, mais elle met en évidence un message essentiel : en période de bouleversements, on n’a pas besoin d’indécis, mais de collaborateurs déterminés.
Gérer ses émotions, surmonter les résistances
Les défis rencontrés au sein de l'encadrement intermédiaire ne sont pas seulement d'ordre organisationnel, mais surtout d'ordre émotionnel. Dans tout effectif, un redressement donne lieu à l'émergence de différents camps : un tiers qui s'implique activement, un tiers qui adopte une attitude attentiste et incertaine, et un tiers qui se refuse à participer par peur ou par incompréhension. Une stagnation émotionnelle au sein de l'encadrement intermédiaire peut compromettre l'ensemble du redressement.
La question est la suivante : comment motiver les cadres intermédiaires ? Les PDG doivent expliquer clairement pourquoi le changement est nécessaire, tout en indiquant comment chacun peut contribuer à la solution. Il ne s'agit pas de satisfaire tout le monde, mais de rallier une masse critique en faveur de ce nouveau départ.
Le juste milieu est souvent la mauvaise voie
Une erreur courante chez de nombreux PDG : ils misent sur des compromis pour ne froisser personne. Or, ce juste milieu ne mène souvent nulle part. En situation de crise, il faut prendre des décisions claires et hiérarchiser sans compromis les objectifs de l’entreprise. Celui qui mise trop longtemps sur la participation et le consensus risque de bloquer l’ensemble du processus.
Cela ne signifie toutefois pas que les dirigeants doivent agir à l’aveuglette. Il est essentiel qu’ils prennent conscience de la dynamique au sein de l’entreprise. Certains collaborateurs ont depuis longtemps pris la mesure de l’urgence du changement, tandis que d’autres vivent encore dans une zone de confort, c’est-à-dire sur une autre planète ! La première étape consiste à identifier ces groupes et à s’adresser à eux de manière ciblée.
Conclusion : le leadership exige du courage et de la cohérence
Gérer les cadres intermédiaires n’est pas une tâche aisée. Cela exige de la patience, de l’empathie – et parfois aussi une certaine fermeté. Les PDG qui souhaitent concrétiser leurs visions doivent être prêts à prendre des décisions difficiles.
Diriger, ce n’est pas faire plaisir à tout le monde, mais faire ce qui est juste.
